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La première fois que je contrôlais des flics, c'était dans une rame coincée entre la station Châtelet et la gare du Nord. Les trois ont été contrôlés, avec joie, positif au sourire !

Vous avez aimé, hein ? Vous en voulez encore ?

Alors écoutez  celle-ci : Printemps dernier, je m'apprêtais à rejoindre une station de métro. Juste à coté, se trouve un petit poste de police. Trois, ou quatre marches séparent l'entrée du poste au trottoir. Trois jeunes flics, dont un black, genre beau gosse, fument leurs clopes juchés dessus . On est loin des flics à la mine défaite par un mal de vivre relayé sans par cesse les médias.

La tentation est grande...le CdB  sommeillant en moi, se réveille ! Je ne peux m'empêcher de me payer le p'tit plaisir d'aller contrôler leur sourire... Arrivé à leur hauteur, je leur lance d'un ton solennel : -"Messieurs bonjour !". Puis, sur le même ton : -"Contrôleur du Bonheur, veuillez me présenter vos sourires s'il vous plaît.". Ils sursautent, tels des ados pris en faute...et les sourires s'affichent. Ensuite c'est l' éclat de rire général ! Cinq minutes plus tard, nous voilà en train de nous tutoyer, et moi de leur expliquer le concept du "CdB", le but de ma mission : faire sourire autour de moi,  tout particulièrement sur les lignes de l'underground parisien !

L'un d'eux me demande si je suis "cap" d'aller contrôler le sourire de leur collègue féminin à l'accueil. Me voilà donc gueulophone en main, poussant mon habituel - "Contrôleur du bonheur... " , face à une fliquette d'un mètre quatre vingt sept. Ce solide et charmant "bout d'femme" éclate de rire !

Aïcha,"Sourire-tout feu tout flamme", a de la bonne humeur à revendre et n'a pas peur de faire de l'auto-dérision en parlant de ses rondeurs !

Elle entreprend de me faire visiter les lieux, tout en contrôlant le sourire de chacun, uniformes et civils confondus. Je dois reconnaître que l'on ne s'attend pas à pareil accueil dans un commissariat... et la bonne ambiance régnant ici n'est pas bidon.

On est loin du fameux contrôle sur la ligne A, où des flics mauvais esprit m'avaient copieusement invectivé. Le plus retors, un barbu rouquin avec une haleine puant la vinasse me menaçait et finissait, entre deux postillons, par me lâcher -"gardez vos opinions politiques pour vous", avant de m'enjoindre de descendre de la rame.

Comme quoi un flic peut en cacher d'autres...de bien meilleure composition ! Mais revenons à nos moutons : un café, quelques rires et bribes de conversations plus tard, je promets à mes nouveaux Adeptes de la Bonne Humeur* de revenir. Avant de les quitter, je remets à ma fliquette son reçu de "contrôlée positive au sourire". Elle s'empresse d'arracher son insigne POLICE NATIONALE, de son opulente poitrine ... pour me l'offrir, en souvenir !

* : l'A.B.H étant, comme certains le savent déjà, un futur parti apolitique, en voie de création...

Sourirement votre, et à bientôt pour de nouvelles aventures

 

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