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Alors, d’après vous ? Pour ma part, maintes fois je me suis posé la question.

Finalement je trouve que c’est un mélange des trois !

Des sourires se croisent et les esprits se décoincent.

Profession de foi  depuis ces trois années, le Contrôleur du Bonheur  a pléthore d’histoires, toutes plus extraordinaires les unes que les autres. (V’là que j’me mets à faire du Delon…en parlant de moi à la 3e personne du singulier !)

En voici encore une me tenant à cœur plus particulièrement. Je suis convaincu que vous comprendrez pourquoi !

La veille de « La  Journée de la Femme »: Je me suis débrouillé, durant une partie de la matinée, pour travailler quelques heures avec un ami fleuriste, dans sa boutique.

En contre partie, je lui ai demandé de me payer…en fleurs !

Vous connaissiez Robin des bois, et bien maintenant faites connaissance avec Robin des fleurs !

Comme convenu, il me donne une énorme brassée de roses.

Des roses, des rouges, des jaunes, des blanches, des oranges, des multicolores. Il y en avait pour tous les goûts.

Armé de mes belles épineuses, je me suis mis en route en quête de sourires. Bien entendu les sourires se succédaient. Tant de la part de la gent féminine, que des hommes… normal lorsqu’on offre une fleur à chaque inconnue, pourvu qu’elles soient souriantes.

Les hommes n’étaient pas en reste, puisque jouant au Cupidon de service, je leur demandais au passage, s’ils allaient rejoindre leur compagne, leur « moitié », autrement dit : « la Femme Amour » de leur vie. Du moins à ceux qui arboraient un sourire vrai, un sourire sympathique, romantique, avec ce « je ne sais quoi » d’ivresse de vie. N’est ce pas là une bonne occasion ?

Une manière de marquer le coup, de faire un effet surprise  ?

–« Allez Messieurs, que diable, un peu de romantisme dans ce monde de brutes matérialistes ! ».

J’imagine la tête de leurs compagnes ravies…pour celles qui n’ont pas l’habitude de ce geste de tendresse !

Je poursuis donc mon infiltration « mission Bonheur, code Sourire ». Passant d’une ligne à l’autre, « Main d’œuvre du bien-être », c’est ce que je me plais à croire. Don de fleurs avec en prime une bonne récolte de sourires au passage. La bonne humeur est de mise partout où je distille mes propos, mes rimes et mes mots gentils.

Une bien belle journée nous tend la main sur cette ligne 6. Continuant de semer des pétales… je vois les sourires naître sur la plupart des visages. Nous sortons du souterrain, l’espace de quelques instants.  Des rayons de soleil et une superbe lumière achève de peindre ce ciel alors que nous franchissons la Seine. Nous vivons là un moment grandiose, intense, chargé de simplicité, d’émotions…un de ces moments suspendus dans le temps.

Station suivante, Chevaleret ! profitant de l’osmose au sein de la rame, j’annonce l’arrivée d’un nouveau sourire parmi nous : celui d’une petite fille, accompagnée de sa maman. Regard complice vers mes passagers, je lance –« Oh ! Mais voilà le sourire d’une petite fée qui nous a rejoint ! Mais d’ailleurs, savez-vous comment on reconnaît le sourire d’une P’tite Fée ? Non ? Hé bien au départ c’est comme les P’tites Princesses, beaucoup d’Amour et de gentillesse.

À l’arrivée aussi, j’ vous rassure ! Mais chez les Fées, il y a de la malice dans le regard… de la gentille malice, bien sûr…qui fait de cette p’tite fille une gentille p’tite fée », puis je surenchéris -« Nous allons lui demander comment elle s’appelle cette p’tite fée. »

Après l’avoir les avoir saluées d’une révérence avec ma casquette, je la relance  –« Bonjour p’tite fée, dis-moi comment tu t’appelles ». Pas timide pour un sou, elle me répond –« Je m’appelle Manon ! »

Evidemment, j’me présente à mon tour  -« Moi, c’est Emmanuel. Et je suis Contrôleur du Bonheur »…

 Sur ma lancée, je m’empresse de lui demander  –«  Mais dis-moi, quel âge as-tu, P’tite Fée ? ». D’un sourire désarmant, elle assure fièrement  –« Six ans ! ».

Sa maman ajoute –«  En plus, c’est son anniversaire aujourd’hui ! » J’me retourne  vers mes spectateurs/acteurs en interpellant d’abord la gent féminine – « Mesdames, ne soyez pas jalouses ! Notre P’tite Fée, Manon, mérite au moins un beau bouquet d’ roses, vous en conviendrez »…

Et de continuer -« Etant donné que j’ai horreur d’être le seul à mouiller la chemise…aussi j’aimerais que vous l’applaudissiez avec moi  le beau sourire de notre p’tite fée Manon, dont j’vous rappelle son anniversaire aujourd’hui… Sachez que dans ma classe, je ne veux pas de mollassons, ni de tire au flancs . Ne vous inquiétiez pas, applaudir ne tue pas ! J’en ai moult fois fait l’expérience, notamment sur cette ligne, on a jamais déploré un mort…Au contraire, on ne se sent que plus en vie ! 

Alors pour la p’tite fée Manon, et au nom de la magie des enfants, vous êtes tous avec moi ?» du regard j’interpelle plusieurs sourires de « boute-en-train », pour qu’ils m’aident à lancer la machine. -« Attention, vous êtes prêts ? faites pas les timides, j’ ne veux pas faire un bide ! Je compte jusqu’à trois »…

C’est un tonnerre d’applaudissements qui secoue la rame entière. Tous étaient de la partie, à l’exception de deux, ou trois personnes. Mais de toute façon, face à la bonne quarantaine « d’adeptes de la bonne humeur », ils sont passés inaperçus. Le résultat escompté ne se fait pas attendre : la p’tite Manon a le sourire encore un peu plus pétillant, sa maman, elle, a le sourire ému et brillant…en nous quittant. Non sans avoir lancée un « MERCI » à l’attention de tous. Les portes déjà se referment, les laissant sur le quai. J’aperçois deux mains, une grande et une petite me saluant.  Ou était-ce un au revoir ?

Nous redémarrons vers une prochaine station, vers de nouvelles aventures urbaines, souterraines, mais en tout cas « humaines » !

La Magie du moment présent, on y croit…ou pas.  Et moi, j’y crois !

La langue Arabe possède un mot, un seul, englobant, ou exprimant bien tout ça : MEKHTOUB…qui veut dire : c’est le destin ou : c’est écrit !

Deux jours plus tard, et bien avant l’édition de cette histoire, voici le commentaire reçu de Katia, la Maman de Manon. Je ne vous cache pas que je suis un gros sensible, un peu fleur bleue. Mais aussi particulièrement « très romantik » (j’aime l’écrire comme ça) ! Loin de moi l’idée de faire dans le pathos, à sa lecture, j’avoue avoir la gorge nouée, avec une grosse boule coincée… jusqu’à ce que les larmes apparaissent ! Comme je l’ai mentionné à plusieurs reprises, c’est vous tous qui écrivez ces histoires…moi, je ne fais que les transcrire.

Puis avant tout c’est une question de sincérité, d’authenticité, n’est pas ?

 

Merci !

Je viens ici vous dire un grand MERCI pour le magnifique bouquet de roses que vous avez offert à ma fille, Manon, hier, à l'occasion de son anniversaire. Nous revenions d'un RDV pour elle à la Pitié Salpetrière. Vous avez su lui redonner le sourire, à moi aussi d'ailleurs ... Je vous ai dit que je vous trouvais talentueux, c'est la vérité, bien que je ne vous ai pas bien entendu vous exprimer malgré le mégaphone, je rajouterai que vous avez un cœur gros comme ça, énorme donc (et je crois que ces adjectifs ne suffisent pas). Vous savez ouvrir votre cœur aux autres, j'espère qu'ils savent vous le rendre. De plus, vous apportez de la joie, du sourire, de la bonne humeur et plein de belles images qui font du bien aux petits, comme au plus grand, et tout ça sans rien attendre en retour. Acceptez, de ma part, cet humble message. Ce que vous faites est remarquable, et très courageux car le métro n'est pas chose facile. Encore 1000 mercis. Que Dieu veille sur vous et sur ceux que vous aimez. Bien sincèrement. Katia.

 

                                                         Sourirement vôtre

 

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