Je me souviens d’un môme âgé d’une dizaine d’années me disant – « Dites Monsieur, c’est quand même triste d’avoir besoin d’un contrôleur du bonheur ! » Je l’avais alors surnommé le « p’tit philosophe en herbe »…

   Il n’avait pas tort le gamin, loin de là !

   Voici l’histoire d’un contrôle de l’humeur parmi tant d’autres.

   Ligne 3, direction Gallieni. Au delà des clivages, et du pseudo fossé des générations, chacun avait un besoin de relâcher la pression, et de se marrer. Donc une douce euphorie planait jusqu’à l’arrivée d’un bonhomme qui s’est mis à m’invectiver directement.

   Comme d’habitude ce type d’individu ne voit pas à quel point il sert ma cause, et devient le partenaire idéal de mes sketches…malgré lui !

   Dans sa diatribe, il me sert un : –« pauvre type !». En guise de répartie je retourne mes poches, rétorquant : -« Effectivement, pauvre je suis ! ». Puis me retournant vers les dames et les priant de m’excuser par avance de mon élan de vulgarité, je mets la main sur le « paquet », (appelé plus communément les parties génitales) et continue en déclarant solennellement, et non sans fierté - « Un type, je suis ! » et j’ajoute –« Voyez-vous, cher Monsieur, je préfère être  un pauvre type …  qui fait sourire, voire rire, son entourage.  Plutôt qu’un triste sire qui est un poids pour son entourage. Encore faut-il avoir un entourage ! » Mon uppercut verbal fît mal, et déclencha l’hilarité générale.

   Quelques minutes nous séparaient de la station suivante. Notre cas de bougonnerie essaya de s’en sortir vainement, me lançant quelques maigres insultes, ou me traitant de « démago ». Visiblement, il n’en connaissait pas la signification !

   Arrivé à la station, notre individu nauséabond s’empresse de descendre pour changer de rame. Les témoins de la scène m’applaudissaient et lancèrent chaleureusement des « bravos ». Une mamie me dit –« Bravo ! Vous êtes un baladin, on a besoin de gens comme vous … ».

Finalement, contrôleur du bonheur, n’est-ce pas une  profession d’utilité publique ?

 

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